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Vendredi 11 juillet 2008

Le journal Le Chat Noir, édité par le cabaret du même nom situé à Montmartre, paraît en 1882. Avec La Caricature d’Albert Robida et Le Courrier Français de Jules Roques, Le Chat Noir aura l’une des plus grandes longévités de la presse fin de siècle. Le dernier numéro sort le 30 Mars 1895.

Quelques 80 illustrateurs et chroniqueurs participent au journal. Mais si Robida réalise une affiche pour le cabaret, il ne publie qu’une seule planche dans le n°353 du 20 octobre 1888 sous le titre : Vient de paraître dont je n’ai malheureusement aucun visuel à pour proposer pour le moment.

 

Parmi les illustrateurs et caricaturistes qui ont le plus participé au journal, on trouve Willette et ses Pierrots, Steinlein et ses magnifiques chats, Caran d’Ache et ses militaires, Henri de Sta et ses caricatures politiques et également militaires, Doès, Fau, Godefroy etc. Certains sont familiers de d’Albert Robida pour publier aussi dans son propre journal, La Caricature mais aussi dans Le Rire.

Chacun y va donc de son personnage, le plus souvent victime de son quotidien. Et même sans aucunes paroles, ses histoires sont à rapprocher des autres formes de la littérature populaire.

 

Quant au cabaret en lui-même, créé par Salis en 1881, c’est là que s’est réfugiée la fantaisie parisienne. Les chansonniers et les poètes y sont tour à tour « lyriques, réalistes, mélancoliques, satiriques, graves, funambulesques, moyenâgeux, fin de siècle, contemporains de Pindare et de la Pompadour, républicains, aristocrates, chauvins, anarchistes, parisiens, provinciaux, exotiques, hongrois, morvandiaux, bretons. » (Léon Durocher. Extrait d’Au temps du chat noir)

Il n’est donc pas étonnant que Robida contribue par son trait de crayon à cette aventure en réalisant l’affiche du cabaret après son déménagement au 12 rue Victor Massé. (Le cabaret se situait à ses débuts Boulevard Rochechouart.)

 

Pour en savoir plus sur le cabaret et son journal, vous pouvez consulter les deux ouvrages qui m’ont inspiré la chronique ci-dessus :

Au temps du Chat Noir
tome XVII de la collection Histoire de la Chanson Française par Pierre d’Anjou - Edition La Lyre Chansonnière & Henri Lemoine et Cie - Paris 1943

Cet ouvrage à dénicher sur internet ou chez les bouquinistes dresse un historique du cabaret et offre plusieurs textes de chansons et poèmes ainsi que leurs tablatures d’auteurs et chanteurs comme : Théresa, Mac-Nab, Léon Durocher, Jacques Ferny etc. La couverture reprend l’affiche d’Albert Robida.

 

Histoires sans paroles du Chat Noir
- Edition du Musée de la bande dessinée - 1998 -  isbn 2-907848-13-5

Un bel album qui offre une sélection de planches des illustrateurs et caricaturistes qui ont le plus participé au journal. On y trouve Willette, Steinlein, Uzes, Caran d’Ache, Godefroy, Doès etc…

Par Erwelyn - Publié dans : Presse - Communauté : Albert Robida
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Jeudi 17 avril 2008

Monsieur Robida, prophète et explorateur du Temps (1954) France Roche et Pierre Kast
Court-métrage de 28 mn
La voix off est celle de
Pierre Olaf
La cinématèque de Paris en possède une copie très correcte.

Voici un extrait de l'article de F. Hoda Science-fiction et court métrage paru dans la revue Fiction n°6 de Mai 1954 :

"Monsieur Robida prophète et explorateur du temps est plus proche du domaine qui nous intéresse ici. Un disciple de Robida, émerveillé par les prophéties tentantes de son maître, dé­cide de visiter le Paris de 1953, grâce à sa machine à explorer le temps. Il débarque par un jour ensoleillé dans notre Paris d'aujourd'hui, vêtu de son macfarlane et coiffé de sa calotte « sherlockholmésienne », tenant à la main pour seul guide l'œuvre prophé­tique de son maître. Si certaines réa­lisations l'étonnent, il demeure cepen­dant fort déçu de sa visite : il s'est trompé d'époque. Les prophéties de Robida ne sont pas encore pour au­jourd'hui. Il règle son appareil et met le cap sur l'an 2000... Le mélange des scènes tournées sur le vif et des images extraites des beaux livres d'antan ne jure pas un seul instant. Un seul point d'interrogation : nos con­temporains sont-ils donc tellement blasés pour ne point s'étonner de la présence parmi eux d'un homme de l'autre siècle ? Espérons que nos des­cendants sauront être plus curieux."

icon-arrow.gif Dans la même revue Fiction, lire l'article de Jean-Jacques Bridenne publié en 1957 (n°10) qui dresse un portrait complet d'Albert Robida

Par Erwelyn - Publié dans : Biographie & bibliographie - Communauté : Albert Robida
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Mercredi 16 avril 2008
Article paru dans la revue Fiction (n°10 de septembre 1957)

Fiction n°10 (1957)


ROBIDA, LE JULES VERNE DU CRAYON par J.-J. BRIDENNE

 PROPOSITION DE NOTICE BIOGRAPHIQUE POUR ENCYCLOPEDIES, SUR UN AIR 1900

 

 

     Robida (Albert), né à Compiègne en 1848, mort à Paris en 1926. Collabora dès ï'âge de 18 ans au « Journal Amu­sant »  et se fit connaître dans le dessin satirique et la lithogravure. Séjourna à Vienne où il fut attaché au magazine Der Floch (La Puce) et, de retour à Paris, fonda La Caricature. Tout en s'illustrant (doublement) comme artiste de la plume et du crayon, il écrivit des contes et romans qui s'adressent en majeure partie aux en­fants (aux enfants de 10 à 80 ans et plus). Favori des génies et des fées, grand familier des dragons, des che­valiers en armure et des dames en hennin, des beffrois et des anciennes cathédrales. Familier aussi des locomotives baladeuses, des monstres élec­triques, des voleurs volants et des gen­darmes ailés. Célébra les vieilles villes de Flandre, d'Espagne, d'Italie et les Babels de l'avenir. Reconstitua en ma­quettes le Paris médiéval pour l'Exposition de 1900 et caricatura le progrès des transports et de la stratégie.


LES ANTICIPATIONS DE ROBIDA
 

    
     En 1879. Albert Robida publia Voyages très extraordinaires de Saturnim Farandoul dans les mondes connus et inconnus... même de M. Jules Verne. Tout le livre est une époustouflante
caricature des Voyages extraordinaires et des robinsonnades en tout genre. Son héros, naufragé dès le berceau et élevé par des singes, tra­verse les plus invraisemblables aven­tures sous toutes les latitudes, parcourant le monde en  bateaux à voiles et scaphandre, en traîneau, en ballon, a dos de chameau, d'éléphant et d’hippopotame, se trouvant entraîné un moment par les espaces interplanétaires. rencontrant successi­vement Philéas Fogg et Passepartout, le capitaine Nemo, le capitaine Hatteras, Hector Servadac, Michel Strogoff... A vrai dire, l'ouvrage vaut plus par ses dessins (notamment par ses dessins en couleurs) que par son texte, amusante mais facile parodie des grands récits de voyages réels ou ima­ginaires et, avant l'heure, duVoyage à travers l'impossible de Jules Verne et D'Ennery (1). Mais le stupéfiant visionnaire qui déjà se révèle par en­droits dans Saturnin Farandoul  va se donner libre cours dans Le XXème siècle. Ce roman-album parut en 1883 et comporta de véritables suites qui sont : Un voyage de fiançailles au XXème siècle, La vie électrique et La guerre au XXème siècle (qui parut dans La Caricature). L'histoire contée y est pratiquement inexistante et ne sert qu'à la description des temps futurs tels que l'auteur les voit (ces « temps futurs » qui sont notre actualité). Avant tout, Robida donne une place considérable à l'aviation, di­sons plutôt à la navigation aérienne. Dès le milieu du siècle, on voyage essentiellement par les airs. Ballons-oiseaux, ballons-poissons, aéroplanes, hélicoptères pullulent et il en est ré­sulté un bouleversement de l'architec­ture : des aérogares, aéropalaces, aérocasinos sont apparus de toute part, cependant que pour les élégants et élé­gantes la présence aux grandes courses aériennes a remplacé la présence aux courses d'Auteuil et de Longchamp. Mais on va aussi beaucoup sous mer où sont édifiées de complètes et con­fortables stations; il est de bon ton d'avoir son sous-marin de plaisance et de participer à des chasses aquatiques et abyssales. Non seulement le télé­graphe et le téléphone ont pris un dé­veloppement inouï, mais une télévision totale s'est imposée : sur écran fami­lial, on peut contempler aussi bien les grandes retransmissions théâtrales que des reportages d'actualité comme les horribles scènes de la guerre de Chine ! Des conduits électriques (?) répandent à domicile la musique et aussi la nourriture... Le génie constructif des industriels ne connaît plus de bornes, un « sixième continent » est cons­truit par procédés madréporiques et l'on entreprend, par attraction élec­trique, de rapprocher la Lune de la Terre pour la rendre accessible aux machines volantes.
     Mais tout est loin d'être pour le mieux dans le meilleur des mondes. Les mœurs familiales ont été révolutionnées et le divorce-éclair est d'usage courant. Les femmes, qui peuvent être non seulement avocates, médecins, astronomes, mais aussi journalistes,  financières et politiciennes, se battent en duel à l'occasion. Les modes sont somptueuses, mais extravagantes. L'art mérite de moins en moins son nom et l’on voit triompher la photo-peinture et la sculpture galvanoplastique. Quant aux études, résolument modernisées, elles ont tourné le dos à tout restant d'humanités classiques. Les merveilles mécaniques comportent une contrepartie souvent désagréable. Au moins en France, les émeutes sont évi­tées, mais par « légalisation » : elles sont organisées à dates fixes et don­nent lieu à récompenses comme les expositions techniques et artistiques ! Il y a toujours des bandits — des bandits motorisés comme il se doit — qui donnent fort à faire à la police de l'Air. Surtout, il y a toujours des guerres... Et, bien entendu, celles-ci mettent en action des moyens supé­rieurs de destruction collective. Outre les bombardements aériens, Robida annonce en effet les lancers de mi­crobes et de gaz toxiques, les médecins mobilisés pour tout autre chose que pour soigner les blessés, les auto­canons et de véritables tanks dont la figuration en couleurs est criante de vérité anticipée.
     A ce propos, il faut signaler que ses publications sur le XXème siècle sont à compléter par La guerre infernale (1908), qui est de Pierre Giffard (2), mais que Robida illustra puissamment et dont on est tenté de croire qu'il l'inspira au moins pour l'essentiel. En moins littéraire, c'est, somme toute, le répondant à La guerre dans les airs de Wells. Mais le romancier français se plaît visiblement à accumuler les aventures terribles et les grosses atro­cités pour nous découvrir aux der­nières pages que tout n'a été qu'un songe (le narrateur se réveille après avoir été décapité par un Jaune ; car l’entre égorgement scientifique des na­tions blanches a eu pour résultat l'ef­froyable victoire de l'Extrême-Orient. En vérité, il nous semble que c'est aux dessins de Robida que cette oeuvre — publiée en fascicules chez Méricant — doit de n'être point oubliée et dut peut-être la plus grande partie du vif succès qu'elle remporta en son temps. Les canons et les microphones géants — aux tournures de reptiles secon­daires — les grands bombardements et torpillages, les aéronefs de combat, les offensives bactériologiques et les massacres systématiques y sont figurés avec une fantaisie qui n'ôte rien — bien au contraire — à leur relief cau­chemardesque. Malgré ce caractère, il ne semble pas que Robida prenait plus au tragique à ce moment qu'au mo­ment de La guerre au XXème siècle les redoutables perspectives qu'évoquait sa plume déchaînée. On a la nette impression qu'il s'agit là d'avertisse­ments tour à tour cocasses et fantas­magoriques, dont l'auteur veut espérer qu'ils seront inutiles. Mais Robida connut effectivement la première guerre mondiale et, peu après son achèvement, il composa L'ingénieur von Satanas, dont le ton est bien différent. Si l'on trouve toujours de la spirituelle drôlerie dans les images comme dans le texte, il est manifeste. cette fois, que l'auteur craint et dénonce tout de bon la future auto­destruction de l'humanité. Il vitupère toutes les folies guerrières et particu­lièrement cette guerre scientifique in­carnée par le personnage symbolique de von Satanas (moine Schwartz en d'autres temps). Ici, c'est à peine s'il y a anticipation : pratiquement, on est en présence d'une réédition « amélio­rée » de la Guerre 1914-1918, qui s'étend sur de nombreuses années et où les engins de combats terrestres, maritimes, aériens, ruinent toute la civilisation. La guerre va s'achever (par l'écrasement définitif des Alle­mands) avec des arcs, des épieux et des haches, dans l'effondrement des techniques et l'espoir que la société nouvelle ne suivra jamais les voies de la science infernale. En 1925, Robida devait encore publier une œuvre anticipatrice, Le chalet dans les airs. Pur roman à la Jules Verne (sans di­dactisme), il offre un ton apaisé et, à l’encontre du précédent (on peut même dire des précédents), s'adresse beau­coup plus aux jeunes qu'aux adultes. La villa volante Beauséjour, les aven­tureuses excursions de ses passagers, les animaux « préhistoriques » peu­plant une île tombée du ciel, tout cela est vivement attachant. Mais on ne retrouve évidemment pas ici la pro­fondeur de pensée qu'on découvrait, non sans surprise, dans L'ingénieur Von Satanas et même dans bien des pages du Vingtième siècle et de ses annexes.


LA PENSEE  DE  ROBIDA

    
     Ayant l'air de ne viser, le plus sou­vent, que la plus plaisante fantaisie, Albert Robida témoigne, ainsi qu'on a pu le voir, de sérieuses qualités de prescience battant quelquefois celles de Jules Verne (Le XXème siècle pa­rut quelques années avant La Jour­née d'un journaliste américain en 2889 ). Mais la vérité oblige à cons­tater que celui-ci, tout en évitant le pédantisme, possédait bien la matière scientifique de ses histoires et n'anti­cipait qu'en s'entourant de garanties positives, alors que celui-là suit à peu près intégralement les caprices d'une intuition échevelée. Ainsi — par exem­ple — il donne la primauté à des bal­lons parfaitement dirigeables (tandis que Verne, avec raison, n'y eut jamais foi)
et il semble considérer le Plus-Lourd-que-l'Air comme ne pouvant être que leur auxiliaire, dans la guerre comme dans la paix. Ses communica­tions avec la Lune n'ouvrent aucune voie, même empirique et romancée. Nul éclaircissement n'est fourni sur le fonctionnement de ces monstrueux aérostats, des mirobolantes transmis­sions électromécaniques, visuelles et sonores, du moteur atomique de la Villa Beauséjour ni des grandes réus­sites thérapeutiques et anti-thérapeu­tiques.
     Mais c'est dans l'expression gra­phique que se manifeste toute la puissance divinatoire de Robida. Bien peu technicien sans doute, il trouve dans le coup de crayon, le trait d'encre ou le jeu des couleurs le moyen d'an­noncer avec exactitude apparente de frappantes réalisations techniques. Mais ces dernières ne forcent jamais l'admiration du caricaturiste  pro­phète et c'est bien plus souvent la sa­tire que la louange du Progrès qui se fait jour chez lui. Ce dessinateur et graveur d'êtres légendaires, de clochers et de guerriers moyenâgeux, de ruines et de sites montagnards avait un doux faible pour tout le Passé, ainsi qu'on peut s'en rendre compte d'après son Jadis chez aujourd'hui. En même temps, il égratigne à toute occasion l'automobilisme, l'aéronautique, la fiè­vre de déplacement, la Bourse, le ser­vice militaire obligatoire, les nouvelles mœurs publiques et privées.
     Dans Saturnin Farandoul, dans Le XXème siècle, dans la plupart de ses productions de « La Caricature », tout cela est encore traité en style « chan­sonniers ». Il y ressort que les plus merveilleuses applications de la science n'ont point que de bons côtés, mais les ennuis qu'elles apportent sont plus drôles que catastrophiques; il ressort aussi que tout leur progrès ne change pas grand-chose à la nature humaine et les gens de 1952 dépeints par Ro­bida ne diffèrent pas foncièrement des Parisiens de 1880-1890, mais ceux-ci n'étaient-ils pas singulièrement aima­bles ?... Le système parlementaire n'est pas idéal, tant s'en faut, mais lui aussi donne plus à rire qu'à pleurer. Et l'in­vasion du machinisme, la mécanisa­tion humaine n'est encore symbolisée que par l'amusante substitution d'un automate en gibus au Président de la République française (ce fut Sadi Carnot, dont on disait qu'il était en zinc, qui suggéra fort involontaire­ment cette idée du Robot présidentiel). Mais La Guerre du XXème siècle revêt déjà une toute autre expression et la satire amère y prend le pas sur l’aimable bouffonnerie. La Civilisation y est figurée en distributrice de boites à mitraille et de projectiles perfection­nés; on voit une famille de Parisiens de 1915 (nous disons bien : 1915) qui, pour aller dîner en ville, se sont bar­dés et casqués de métal, pourvus. d'armes invraisemblables ; et on peut lire ce qui suit :

« La Science, rapprochant les dis­tances, écartant les obstacles, coupant les isthmes et perforant les montagnes, a créé des points de contact entre les peuples les plus éloignés et permis toutes les communications... amicales ou autres. »

     Enfin, L'Ingénieur von Satanas  est la grande, l'éloquente imprécation contre le prétendu progrès qui n'abou­tit qu'à rendre la guerre plus savam­ment monstrueuse, qu'à renvoyer l'homme moderne au stade des troglo­dytes, qu'à mettre les résultats scientifico-industriels au service de la plus grande sauvagerie et à multiplier les deuils, les ruines, les infirmités, le crime et la misère. Tout ce qui peut s'écrire aujourd'hui à ce sujet, toutes nos apocalypses atomiques existent en puissance dans ces pages illustrées que Robida composa vingt ans au moins avant qu'il fût seulement question de bombe atomique. Toutefois, l'humour noir du grand conteur-caricaturiste ne prend jamais le ton grinçant et déses­pérant de certains anticipateurs ac­tuels, Barjavel par exemple. Encore qu'il ait toujours été porté — à l'ins­tar de tant de ses contemporains — à confondre la Science avec ses manifes­tations mécaniques, Robida ne la traite pas comme mauvaise en soi, comme diabolique par nature. Même dans L'Ingénieur von Satanas, il sait que le plus grand bien pourrait en résulter et que ce sont ses usages par l’homme qui sont mauvais. Que l’homme soit imperfectible, il est pro­bable que tel était bien son avis. Cependant, la conviction d’un bon et nouveau départ de la race semble animer l’épilogue de L’Ingénieur Von Satanas. qui est de loin l'ouvrage le plus sombre — le plus fort aussi dupoint de vue littéraire – produit par quelqu’un en qui l’on ne connaît trop souvent que l’illustrateur de Rabelais et le caricaturiste léger des mondaines, des hommes d’Etat et des sportsmen du XIXème siècle finissant.

     Rendre compte par écrit de l'œuvre de Robida, c'est la trahir fatalement. C'est par la connaissance de ses in­comparables croquis et gravures qu'il est seulement possible de l'apprécier, en particulier comme anticipateur. Si cette communication ne donne qu'une pâle et infidèle notion de son étonnant talent, il en va tout autrement du film que lui ont consacré — avec beaucoup d'habileté — France Roche et Pierre Kast et qui, en utilisant une judicieuse sélection de ses compositions prophé­tiques, reconstitue visuellement l'uni­vers Robidesque (3).


(1) En fait, cette pièce ou plutôt cette revue dramatique à grand spectacle de 1882 fut tirée par d'Ennery des « Voyages extraordinaires > contre le gré de Jules Verne, Il parait en effet que celui-ci n'apprécia pas l'ambitieux galimatias anti-scientiste qui la caractérise. Les cri­tiques théâtrales du temps furent généra­lement dures pour cette œuvre qui, à notre connaissance, n'a pas été éditée.
(2) Lieutenant de mobiles en 1870-1871, Pierre Giffard devint reporter et ensuite rédacteur en chef du Journal  « Le Vélo ». Il a laissé des livres de voyages, de sports, de vulgarisation scientifique, des romans d'aventures et quelques comédies. On peut citer de lui « L'enfer de neige », « Le Tombeau de glace », « Les Drames de l’air » et son humoristique étude sur les transports à la fin du XIXe siècle inti­tulée « La Fin du Cheval » et également illustrée par Robida.
(3) Notre collaborateur F. Hoda a rendu compte de ce film dans notre numéro 6, page 121. Il est programmé dans les salles, en première partie, couplé avec L'Affaire MauriziusLire l'article

Par Erwelyn - Publié dans : Textes en ligne - Communauté : Albert Robida
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Samedi 12 avril 2008



Ci-dessus, un long clip musical monté sur des extraits du magnifique court-métrage d' Anthony Lucas The mysterious geographic explorations of Jasper Morello datant de 2005 et largement primé.

L'histoire : Un navigateur des airs, qui compte à son passif un retentissant échec, se voit offrir une seconde chance et s'embarque pour une aventure fantastique.

Arrow  Grâce à ce clip, on a l'extrait le plus long que l'on puisse trouver. Il offre une vision élargie de ce que contient cet excellent court. D'inspiration gothique et fantastique, il entre aussi remarquablement dans la cour des belles illustrations steampunk avec ses splendides machineries volantes. Bien sûr, si ce clip est ici c'est par ce qu'il est opportun d'en faire ressortir l'hommage qui est donné ici aux inventions aériennes, architectures comme aérostats, d' Albert Robida. Bien sûr, on y reconnaîtra aussi d'autres références comme les peintures de Victor Hugo, les dessins de Piranese ou encore de Lotte Reinige. L'ombre du Nosferatu de Murnau pourait aussi avoir influencé la silhouette du Dr Belgon et les transfusions du Vampyr de Dreyer ont été savamment reproduites.
Un coffret DVD est sorti regroupant les 4 parties qui forment ces mystérieuses explorations et un grand nombre de bonus. Il n'est disponible qu'en Australie mais il bénéficie d'un encodage multizone et d'un sous-titrage français.
Sinon, il a déjà été diffusé en France sur Arte. Reste à surveiller une éventuelle rediffusion.


Arrow  Voir le site officiel de Jaster Morello
Par Erwelyn - Publié dans : Inspirations - Communauté : SFFF
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Mardi 1 avril 2008

 

Cette liste des personnages s'enrichira au fur et à mesure de mon avancée dans le roman de Robida. J'ai choisi l'ordre d'apparition plutôt qu'alphabétique. Cela permet de garder un semblant de chronologie et aidera à croiser et à enrichir des évènements cités ou pas dans le résumé.



Première partie : en Océanie



Par ordre d'apparition




(Fortuné - Gracieux -) Saturnin Farandoul : Français, néBordeaux, fils de Barnabé Farandoul. S'échoue à 4 mois et 7 jours sur une île du Pacifique où il est élevé par des singes. A onze ans et demi est recueilli et adopté par le capitaine Lastic. Voyage cinq ans en sa compagnie. Déclare la guerre à l’Australie. Crée son armée farandoulienne composée d’homme et de singes et porte le grade de Général avant de se faire nommer Sa Majesté Saturnin 1er, roi des singes. Renomme l’Australie par Farandoulie, empire océanien.
Père singe : Orang-outang. Est fait prisonnier après les évènements d'Australie, vendu à un marchand de curiosités et amené en France, au Havre. Libéré par Saturnin, il finit ses jours agréablement à Paris, au Jardin des Plantes.
Mère singe : Orang-outang, une belle guenon
Cinq frères singes : Orangs-outangs. Ils accompagnent Saturnin durant toute sa campagne d'Australie.
Le vieux singe blanc :  Sage, tout ridé, pelé avec une grande barbe blanche
Capitaine Lastic : Capitaine du trois mâts la belle Léocardie. Second père adoptif de Saturnin. Amateur de bonnes bouteilles. Meurt lors de la seconde attaque de Bora-Bora. Expression prisée : "Tonnerre d'Honfleur !"
Lieutenant Mandibul : Lieutenant de Lastic puis de Saturnin sur la Belle Léocardie. A 45 ans, devient colonel et chef d’état-major de l’armée farandoulienne puis général et gouverneur de Melbourne. Prend en charge la première division militaire de la province de Farandolie. Bien conservé, un peu gros mais d’une belle prestance.


Pirates malais
:
Point d'ancrage : l'île de Bassalan. Barbus, burinés par le soleil, portant pistolets et poignards de toutes sortes, accompagnés plus tard par des chinois de Formose et des nègres dayaks.

Bora-Bora
: Le terrible chef des pirates malais
Sibacco & Bumbaya : Lieutenants de Bora-Bora et coupeurs de tête.



Matelot Kirkson
: Matelot sur la Belle Léocardie. Anglais, grand, fort, barbu. Passionné de courses, il met en place des courses de tortues sur l’île Mystérieuse. Lors de l’organisation de l’empire farandoulien, il est nommé colonel puis commandant de la deuxième division militaire. Il est entièrement dévoué à Saturnin 1er.
Tournesol :
Marseillais, né un 26 juin. Entre dans la marine en tant que mousse. Devient matelot de première classe sur la Belle Léocardie.. Expression usitée : "Bigre de bagasse !" et "décarcasser". S’illustre lors de l’attaque des pirates. Devient le commandant d’une troupe de singes auprès d’un des frères de Saturnin.  et manque de peu de sauter sur une torpille lors de l’attaque contre l’aquarium de Crocknuff. Est nommé colonel puis commandant de la troisième division militaire farandoulienne. Lors de la prise de Melbourne, il fait prisonnier Sir Collingham, ex-gouverneur pour l’Angleterre.
Nègres dayaks : Nègres de Bornéo. Archers armés d’arc en "bois de fer".
Scaphandriers :
Hommes du Capitaine Nemo
Capitaine Nemo : Européen, ami de Jules Verne. Propriétaire du Nautilus  et résidant sur l’île Mystérieuse. Aide plusieurs fois Saturnin à se sortir de situations difficiles.
Ra-Tafia : Rajah de l’île de Timor. Vieux monarque absolu, vivant entouré de femmes et de bouteilles de liqueur.
Myzora
: Française, enlevée dans l’océan Indien par le rajah Ra-Tafia. D’abord esclave, elle est devenue la reine de Timor. Amoureuse de Farandoul. Est avalée par une baleine puis gardée prisonnière par Crocknuff dans son aquarium. Elle meurt alors que Farandoul, pensait l’avoir sauvée.
John Bird : Pêcheur d’un petit village près de Melbourne où s’échoue la baleine ayant avalée Myzora. C’est lui qui revend l’animal à Crocknuff.
Valentin Crocknuff : Vieux savant chauve et édenté, célibataire, joueur de piano et directeur-fondateur du grand aquarium de Melbourne. Auteur de "huit consciencieux volumes sur les moeurs du homard avant la mayonnaise". Découvre Myzora dans la baleine et tombe éperduement amoureux alors qu'elle refuse ses avances. Après la déclaration de guerre de Farandoul, il se fait sauter avec son aquarium.
Dick Broken : reporter au Melbourne Herald. Se replie à Cheep-Hill jusqu'à la capitulation, puis s'en évade. Entièrement rallié à la cause de Farandoul, il est nommé gouverneur de Londres par ce dernier. Il écrit les textes de l'opéra en préparation du maestro Coco. Aide Farandoul à tenir le palais du gouverneur face aux anglais.
ames Collingham : gouverneur pour Sa Majesté la Reine de l'Etat de Victoria. Enlevé par des singes, il est remplacé dans son rôle par Mandibul.
Colonel Campbell : Anglais, vétéran des guerres de l'Inde. Chargé de protéger la retraite vers Geelong puis Cheep-Hill. Du capitulé devant l'armée farandoulienne.
Commandant Kirksonk : Chargé de conduire les prisonnier su corps de Campbell à Geelong.
Colonel Makako : Singe de la partie sud de Bornéo. grand et autoritaire au penchant haineux et jaloux. Se fait séduire par l'espionne anglaise Lady Arabella Cardigan qui le manipule pour aider à la perte de l'armée farandoulienne. Après les évènements, elle l'emmène en Angleterre et l'enferme dans une cage, le libérant de temps à autre pour quelques tâches domestiques.
Colonel Tapa-Tapa : Sympathique singe de Sumatra qui a vite fraternisé avec les bimanes (hommes)


Colonel Ungko
: Singe de Sumatra, chef d'état-major. Calme, très bon escaladeur, il dirige une troupe de singes voltigeurs.
Colonel Lutungo : Grand singe de Java, au poil grisonnant. Chef d'état-major
Colonel Nasico : Singe de Bornéo, chef d'état-major très intelligent avec un faciès plus proche des humains. Serait mi-homme, mi-singe.
Colonel Wa-Wo-Wa : Singe de la Nouvelle-Guinée, chef d'état-major. Organise avec le Colonel Esbourico des soirées dansantes.
Colonel Trabadec
: Né à Saint-Malo. 32 ans, petit, trapu, intrépide et dévoué à Saturnin 1er. Nommé commandant de la 4ème division militaire.


Colonel Esbourico
: Espagnol, remarquable, infatigable. Nommé commandant de la 5ème division militaire et a formé un corps de musique.
Maestro Coco
: Singe de Java. Prépare un opéra mixte (bimanes et quadrimanes - hommes et singes) pour le théâtre de Melbourne : The Romeo of the zoological Garden. Malheureusement, les répétitions furent interrompues et il du disparaître devant la révolte des anglais. Il serait désormais enfermé dans une cave en Allemagne, forcé à rédiger des opéras pour un célèbre musicien allemand.
Capitaine Jonathan Butterfield : Américain. Rallié à la cause quadrumane. Valeureux capitaine du sloop de douze canons, la Jeune Australie qui fut mise à sang et à feu par les frégates anglaises.
Lady Arabella Cardigan : Espionne anglaise d'une grande beauté. Chargée de faire perdre la tête au Colonel quadrumane Makako. Elle enivre également l'armée en échangeant des tonneaux d'eau par des tonneaux de Kirsch.
Sir Roderick Blakeley : Commandant en chef anglais de l'expédition de libération de Melbourne.
Par Erwelyn - Publié dans : Oeuvres fantastiques ou visionnaires - Communauté : Albert Robida
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Mardi 1 avril 2008

Saturnin Farandoul en Océanie


Voyages très extraordinaires de Saturnin Farandoul dans les cinq ou six parties du monde et dans tous les pays connus et même inconnus de Mr Jules Verne

Albert Robida (1879)


Première partie : en Océanie : le roi des singes
Dans cette première partie qui forme une extraordinaire aventure à elle seule, on découvre les premiers pas de Saturnin Farandoul dans le monde et sa tentative de conquérir l'Australie avec une armée de singes.

Alors qu'il n'est qu'un bébé de 4 mois et 7 jours, le bateau qui transporte sa famille fait naufrage et, seul rescapé, Saturnin Farandoul échoue sur une île où vit une tribu de singes. Recueilli par une famille d'orangs-outangs, il est élevé avec les autres petits singes. Mais en grandissant il se rend compte qu'il n'est pas tout à fait comme eux et décide de quitter l'île sur un radeau de fortune, en l'occurrence le tronc d'un vieux cocotier.

Saturnin est alors repéré par le capitaine Lastic qui le récupère à bord de son trois mâts, la Belle Léocardie. Lastic adopte le jeune garçon, reconnaissant en lui le fils d'un de ses amis disparu en mer plusieurs années plus tôt, lui apprend à parler, à écrire, à s'habiller et l'initie au métier de marin. Saturnin voyage alors pendant cinq ans, parcourant les mers du globe.
Mais un jour, à l'approche des îles Soulou, le bateau est attaqué par des pirates malais qui ramène le trois mâts et l'équipage prisonnier sur l'île de Bassilan où leur chef Bora-Bora les attend. Pour fêter leur prise providentielle, les pirates organisent une véritable orgie et Saturnin est désigné pour remplacer le cuistot malais qui désire rejoindre ses camarades de beuverie. Le garçon transforme alors le sanglier qui doit être servi en véritable bombe le bourrant de cailloux et de sacs de balles, déposé sur un lit de poudre et le tout relié à une mèche qu'il ne manque pas d'allumer.
Après l'explosion et durant les mouvements de panique, Saturnin qui s'est agrippé à Bora-Bora, déleste ce dernier d'une ceinture qui s'avère être pleine de différents papiers dont un acte authentique d'une société, la Bora-Bora et Cie dont les capitaux se montent à 54 millions de pièces.
Enrichis de façon inattendue, Saturnin et le reste de l'équipage rejoignent la Belle Léocardie et s'enfuient. Le capitaine Lastic ayant été tué durant l'affrontement, son second, le lieutenant Mandibul, à qui le poste de capitaine revient de droit, laisse sa place à Saturnin, ému par ses exploits.
Après un passage à la banque de Borneo pour tenter de récupérer les fonds de Bora-Bora, et le temps que les négociations se mettent en place, le Capitaine Farandoul s'accorde avec son équipage un peu de repos. Il tente de retrouver l'île aux singes de son enfance mais, sans succès, s'établit sur une autre île apparemment déserte. Mais bientôt les pirates malais, accompagnés de nègres Dayaks, et toujours menés par Bora-Bora, les rattrapent et il s'ensuit un siège et un blocus d'où Saturnin et ses compagnons ne sortent que grâce à l'ingéniosité du jeune homme et à l'intervention d'un inconnu.
En effet, après s'être d'abord protégés dans une grotte et derrière une muraille de pauvres tortues, entassées sur le dos pour former un rempart, Saturnin et son lieutenant Mandibul sont rejoint par un Européen, vivant sur l'île qui leur propose son aide. Et c'est ainsi que grâce au Capitaine Nemo, car ils étaient en fait sur la fameuse île mystérieuse, et ses scaphandriers, tout le monde fut sauvé des pirates. Mais à cela , faut-il encore ajouter que Nemo avait permis à Farandoul de rejoindre son île aux singes, et qu'il revint ainsi en pirogue avec une armée simiesque.
Après cet épisode et quelques expériences sous-marines effrayantes, car Saturnin avait pris goût à la balade dans les fonds marins, côtoyant ainsi quelques monstres des profondeurs, le jeune capitaine débarque, tout de fer vêtu sur l’île de Timor, dirigée par le rajah Ra-Tafia. Il fait la connaissance de sa fille Mysora et en tombe éperdument amoureux. Et comme elle désire aussi découvrir la vie sous-marine, ils se baladent ensemble dans leur scaphandre, jusqu’au jour où Myzora est malencontreusement avalée par une baleine. Avec l’aide de Mandibul, ancien chasseur de baleines, ils harponnent l’animal et se laissent traîner jusqu’en Australie.
Mais là, la baleine vient s'échouer dans l'aquarium du vieux savant Crocknuff. Ce dernier heureux d'ajouter l'animal marin à sa collection, l'enferme et découvre la présence de la jeune fille. S'éprenant également d'elle, il refuse de la libérer.
Furieux, Saturnin Farandoul déclare la guerre à l'Australie !
Il organise en peu de temps son armée "farandoulienne" composée à la fois d'hommes (bimanes) et de singes (quadrumanes). Mais Crocknuff, résiste faisant preuve de stratégie. L'armée australienne s'en mêle bien évidemment, s'heurtant à 40000 singes répartis en plusieurs troupes, chacune dirigée par un des anciens marins de la Belle Léocardie. Les ambitions de Faranfoul grandissantes, il rêve de créer un empire océanien où il amènerait "la race simiesque, qu'il appelle une race d'hommes imparfaites, à la civilisation et la rapprocher de la race humaine". Et après de rudes combats, "le lien rattachant l'Australie à l'Angleterre est rompu et le pays prend le nom de Farandoulie ! Sa Majesté Saturnin 1er, son Auguste fondateur, prend le tire de Roi des Singes."
Seul, Crocknuff continue de résister. Finalement, il place de la dynamite dans son aquarium et lors d'une ultime attaque de la part de Farandoul pour sauver Mysora, toujours enfermée dans son scaphandre, il fait tout sauter. Les jeunes gens arrivent néanmoins à s'échapper mais malheureusement la baleine et un requin de l'aquarium, affolés, les frôlent et le tube à air de Mysora est sectionné. La jeune fille meurt dans les bras de Saturnin.
Malgré son chagrin, Saturnin Farandoul met en place son nouvel empire. Bimanes et quadrumanes vivent ensemble en bonne intelligence. Et s'il y a quelques réticences au départ, surtout de la part de certaines bourgeoises, très vite, les singes sont assimilés. Mais même si leur intelligence est forte, elle reste moindre par rapport aux humains et en Angleterre on charge l'espionne bimane Lady Arabella Cardigan de mener à la perte l'armée simiesque en manipulant les chefs quadrumanes. Elle fait livrer par exemple des tonneaux de Kirsch à la place d'eau. Les singes enivrés perdent complètement la tête. Et c'est une armée en déroute de 40000 singes qui déposent les armes.
Réfugié dans un fortin, Farandoul, Mandibul et le reste de son ancien équipage plus quelques singes dont certains de sa famille d'adoption tentent de repousser les assaillants puis finissent par capituler.
Saturnin et ses hommes sont condamnés à rejoindre l'Europe pour être jugés. Le jeune homme demande l'autorisation de remettre le trois mâts la Belle Léocardie aux singes, afin que ces derniers puissent rejoindre leur île. Ensuite, lui et ses compagnons embarquent sur une chaloupe pour rejoindre la frégate amirale.
C'est alors qu'un nouveau retournement de situation intervient en la personne de ce cher Capitaine Némo qui les récupère in extremis dans le Nautilus. Il les mènent jusqu'à l'île aux singes où Farandoul rejoint sa famille et ses amis quadrumanes puis ré-embarque avec son équipage sur la Belle Léocardie, direction l'île mystérieuse où le capitaine a caché les 54 millions de pièces de Bora-Bora. Car durant tout ce temps où Farandoul créait son empire, les négociations avaient avancé à son désavantage et sans l'intervention de Nemo, il aurait tout perdu.
Après les adieux, la Belle Léocardie reprend la mer en direction du Havre. Mais à quelques rames du quai, le fond du bateau alourdi par la surcharge exercée par les pièces, cède et le trois mâts se met à couler. Les hommes rejoignent le port à la nage, démuni de leur trésor.
Seule consolation pour Saturnin Farandoul : il découvre sur le quai son père adoptif attaché à une chaîne qui avait été fait prisonnier lors des combats en Océanie et vendu à un marchand de curiosités. Se dépossédant des derniers 35 francs qu'il avait gardés dans sa poche, il rachète son père, gagne Paris avec ses amis afin d'honorer une mission que le Capitaine Nemo lui avait donné, à savoir remettre une lettre à Mr Jules Verne, et installe confortablement son père "dans un appartement à part avec un petit jardin", au Jardin des Plantes.
Il peut désormais laisser germer d'autres projets, notamment celui de rejoindre l'Amérique !

Par Erwelyn - Publié dans : Oeuvres fantastiques ou visionnaires - Communauté : SFFF
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